Les auteurs
Les voix des livres que je chronique : celles et ceux dont les textes prolongent la conversation littéraire que nous menons ici.
Gabriel Garcia Marquez
Gabriel García Márquez (1927–2014) est l’un des écrivains latino-américains les plus importants du XXᵉ siècle. Né à Aracataca, en Colombie, il grandit auprès de ses grands-parents, qui auront une influence majeure sur son imaginaire littéraire. Journaliste de formation, il se consacre progressivement à la littérature et devient l’une des grandes figures du réalisme magique, un courant qui mêle événements extraordinaires et vie quotidienne comme s’ils étaient parfaitement naturels. Son œuvre la plus célèbre, Cent ans de solitude (1967), raconte l’histoire de plusieurs générations de la famille Buendía dans le village imaginaire de Macondo. Parmi ses autres romans majeurs figurent L’Amour aux temps du choléra, Chronique d’une mort annoncée et Le Général dans son labyrinthe. En 1982, García Márquez reçoit le prix Nobel de littérature pour une œuvre dans laquelle il donne une dimension universelle à l’histoire et aux réalités de l’Amérique latine. Il meurt à Mexico le 17 avril 2014, laissant derrière lui une œuvre considérée comme l’une des plus marquantes de la littérature mondiale.
Djaïli Amadou Amal
Djaïli Amadou Amal est une écrivaine camerounaise née en 1975 à Maroua, dans l’Extrême-Nord du Cameroun. D’expression française, elle s’est imposée comme l’une des voix majeures de la littérature africaine contemporaine. Son œuvre s’intéresse particulièrement à la condition des femmes, aux mariages forcés, aux traditions, aux violences faites aux femmes et aux rapports entre les différentes cultures. Son premier roman, Walaandé, l’art de partager un mari (2010), lui apporte une première reconnaissance. Elle publie ensuite Mistiriijo, la mangeuse d’âmes (2013), puis Munyal, les larmes de la patience (2017), qui sera repris et profondément retravaillé sous le titre Les Impatientes. Publié en 2020, Les Impatientes connaît un immense succès et reçoit notamment le prix Goncourt des lycéens 2020. Le roman donne voix à trois femmes confrontées au mariage forcé, à la polygamie et aux violences conjugales. Elle poursuit son exploration des réalités sociales du Sahel avec Cœur du Sahel (2022), puis Le Harem du roi (2024). Son dernier ouvrage : Espoir Paru le 20 mars 2026 aux éditions Emmanuelle Collas, Espoir est son dernier ouvrage et constitue un tournant dans son œuvre. À travers le personnage d'Amal, l'autrice revient sur son enfance dans le nord du Cameroun, de ses trois ans jusqu'à sa première demande en mariage. Elle explore son identité entre héritage peul et culture égyptienne, son rapport à ses parents, les traditions familiales, les tensions entre communautés et la construction progressive de sa personnalité. Espoir est ainsi présenté comme un récit autobiographique profondément personnel, dans lequel l'écrivaine revient aux origines de la femme et de la militante qu'elle est devenue. L'enfance y occupe une place centrale, avec un mélange de tendresse, de douleur, de lucidité et parfois d'humour.
Abdulrazak Gurnah
Abdulrazak Gurnah, né en 1948 à Zanzibar, est un écrivain et universitaire tanzanien d’expression anglaise. À l’âge de 18 ans, il quitte Zanzibar pour l’Angleterre en tant que réfugié, après les violences et persécutions qui suivent la révolution de Zanzibar, notamment contre les populations d’origine arabe. Installé en Angleterre, il commence à écrire au début des années 1970. Il publie son premier roman, Memory of Departure, en 1987. Parmi ses œuvres les plus connues figurent Paradise (1994), By the Sea (2001), Desertion (2005) et Afterlives (2020). Son œuvre explore notamment l’exil, l’identité, la mémoire, le colonialisme et les conséquences des migrations, en particulier entre l’Afrique de l’Est et l’Europe. Professeur de littérature anglaise et postcoloniale à l’Université du Kent, Gurnah a également consacré une partie de ses travaux à la littérature postcoloniale. En 2021, il reçoit le prix Nobel de littérature pour son œuvre qui met en lumière les effets du colonialisme et le destin des réfugiés confrontés à l’éloignement entre cultures et continents. Son écriture se caractérise par une attention particulière aux expériences individuelles, à la complexité des identités et aux conséquences durables de l’exil.
Léonora Miano
Léonora Miano, née le 12 mars 1973 à Douala, au Cameroun, est une écrivaine franco-camerounaise d’expression française. Elle s’installe en France en 1991 pour y étudier les lettres anglo-américaines, avant de vivre au Togo, où elle réside aujourd’hui. Elle publie son premier roman, L’Intérieur de la nuit, en 2005. Son deuxième roman, Contours du jour qui vient, reçoit en 2006 le prix Goncourt des lycéens. En 2013, La Saison de l’ombre est récompensé par le prix Femina et le Grand prix du roman métis. Son œuvre explore notamment l’histoire africaine, l’esclavage, la mémoire, l’exil, les identités afrodescendantes, le racisme et les rapports entre l’Afrique, l’Europe et les diasporas. Elle accorde également une place importante à l’intériorité et à la parole des personnages. Parmi ses autres ouvrages figurent Tels des astres éteints, Blues pour Élise, Crépuscule du tourment, Rouge impératrice, Stardust et Les Aventures de la foufoune. Aujourd’hui, Léonora Miano s’impose comme une voix majeure de la littérature francophone contemporaine, notamment autour des questions de mémoire, d’identité et d’afropéanité.
Samy Manga
Samy Manga est un écrivain, ethnomusicien, sculpteur et militant écologiste camerounais. Il se définit comme un « écopoète », c’est-à-dire un écrivain qui met la création littéraire au service de la défense de l’environnement et de la biodiversité. Originaire du Cameroun, il grandit au contact de la nature et du monde agricole. Durant son enfance, il aide notamment ses grands-parents dans leur plantation de cacao. Cette expérience marquera profondément son parcours et son œuvre. Il raconte avoir découvert le chocolat seulement après son arrivée en Suisse, où il réside aujourd’hui et travaille notamment dans le domaine culturel. Très tôt attiré par la poésie, il écrit son premier recueil, Terre de chez moi, dès l’âge de 14 ans. En 2012, il fonde l’Association des Écopoètes du Cameroun, destinée à mettre la création artistique au service de l’écologie et de la biodiversité. Son ouvrage le plus connu, Chocolaté : le goût amer de la culture du cacao, publié en 2023 aux éditions Écosociété, revient sur les réalités de la production du cacao et sur les conditions de vie des producteurs. À travers son récit, Manga questionne les liens entre écologie, exploitation économique, héritage colonial et consommation occidentale. Son écriture se situe ainsi au croisement de la littérature, de l’écologie et de l’engagement politique, avec une volonté de faire entendre les voix et les réalités africaines.
Tahar Ben Jelloun
Tahar Ben Jelloun, né le 1er décembre 1944 à Fès, au Maroc, est un écrivain, poète et essayiste franco-marocain. Il s’installe en France en 1971 et écrit principalement en français. Son œuvre aborde notamment l’identité, l’exil, le racisme, la condition des femmes, la sexualité, la mémoire et les rapports entre le Maroc et l’Europe. Son écriture mêle souvent réalisme, poésie, symbolisme et éléments issus de la tradition orale marocaine. En 1987, il reçoit le prix Goncourt pour son roman La Nuit sacrée, qui constitue la suite de L’Enfant de sable. Parmi ses autres œuvres importantes figurent Harrouda, Les Yeux baissés, Cette aveuglante absence de lumière et Partir. Tahar Ben Jelloun est également connu pour ses ouvrages destinés à expliquer des questions de société aux jeunes, notamment Le Racisme expliqué à ma fille (1998). Il est aujourd’hui considéré comme l’une des grandes figures de la littérature francophone marocaine et maghrébine contemporaine.
Sony Labou Tansi
Sony Labou Tansi, de son vrai nom Marcel Ntsoni, est un écrivain, dramaturge et poète congolais, né en 1947 à Kimwenza, alors au Congo belge, et mort en 1995 à Brazzaville. Figure majeure de la littérature africaine francophone, il s’est fait connaître par une œuvre engagée, satirique et profondément originale, dénonçant les dictatures, la violence politique, la corruption et les injustices sociales. Parmi ses œuvres les plus célèbres figurent La Vie et demie (1979), L’État honteux (1981), ainsi que plusieurs pièces de théâtre, dont Je soussigné cardiaque et Antoine m’a vendu son destin. Sony Labou Tansi est considéré comme l’un des grands rénovateurs de la littérature et du théâtre africains contemporains. Son écriture, inventive et parfois provocatrice, mêle humour noir, poésie et critique politique.
Eve Guerra
Ève Guerra est une écrivaine française d’origines congolaise et italienne. Elle grandit au Congo-Brazzaville, qu’elle quitte à l’âge de neuf ans pendant la guerre civile de 1998-1999. Elle devient ensuite enseignante de français, de latin et de grec ancien, tout en poursuivant une activité de poète et de chroniqueuse littéraire. Elle publie son premier recueil de poésie, Corps profonds, en 2022. En 2024 paraît son premier roman, Rapatriement, aux éditions Grasset. Librement inspiré de son histoire, le roman explore notamment l’exil, la mémoire, les secrets de famille, le deuil et les blessures de l’enfance. Pour Rapatriement, Ève Guerra reçoit en 2024 le Prix Goncourt du premier roman, ainsi que le Prix Transfuge du meilleur premier roman français. Elle publie ensuite Les Amours rudimentaires, en 2025, poursuivant une œuvre littéraire marquée par les thèmes de la mémoire, de l’identité et de la solitude.
Leila Slimani
Leïla Slimani, née le 3 octobre 1981 à Rabat, au Maroc, est une écrivaine et journaliste franco-marocaine. Elle grandit dans une famille d’expression française et poursuit ses études supérieures en France, notamment à Sciences Po Paris. Elle travaille ensuite comme journaliste à Jeune Afrique avant de se consacrer à la littérature. Elle publie son premier roman, Dans le jardin de l’ogre, en 2014, consacré notamment à l’addiction sexuelle féminine. En 2016, son deuxième roman, Chanson douce, lui vaut le prix Goncourt et connaît un important succès international. Son œuvre aborde des thèmes tels que la condition des femmes, la sexualité, l’identité, l’exil, le colonialisme et les rapports entre le Maroc et la France. Elle est également l’autrice de la trilogie Le Pays des autres, composée de Le Pays des autres, Regardez-nous danser et J’emporterai le feu. En 2017, elle devient la représentante personnelle du président français pour la Francophonie. En 2024, elle participe également à la co-écriture de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris.
André Brink
André Philippus Brink, né le 29 mai 1935 à Vrede, en Afrique du Sud, est un écrivain, essayiste, dramaturge et universitaire sud-africain. Il écrit principalement en afrikaans et en anglais et devient l’une des grandes figures de la littérature sud-africaine contemporaine. Dans les années 1960, il rejoint le mouvement littéraire des « Sestigers », un groupe d’écrivains afrikaans qui contestent la politique d’apartheid et la censure du gouvernement sud-africain. Son séjour à Paris, à la Sorbonne, entre 1959 et 1961 joue un rôle déterminant dans l’évolution de sa pensée. Son roman Kennis van die Aand (Au plus noir de la nuit), publié en 1973, devient le premier roman en afrikaans interdit par le gouvernement de l’apartheid. Brink le traduit ensuite lui-même en anglais sous le titre Looking on Darkness, une pratique qu’il poursuivra pour plusieurs de ses œuvres. Parmi ses ouvrages les plus connus figurent Une saison blanche et sèche, Une chaîne de voix, Au plus noir de la nuit et Un turbulent silence. Une saison blanche et sèche lui vaut notamment le prix Médicis étranger en 1980. André Brink meurt le 6 février 2015, à l’âge de 79 ans, dans un avion entre Amsterdam et l’Afrique du Sud, alors qu’il rentrait après avoir reçu un doctorat honoris causa de l’Université catholique de Louvain, en Belgique.
Charline Effah
Charline Effah, née en 1977 à Minvoul, dans le nord du Gabon, est une écrivaine, enseignante et entrepreneure franco-gabonaise. Elle grandit à Libreville, dans une famille de quatre enfants dont elle est l’aînée. Elle commence à écrire dès l’âge de douze ans, notamment des poèmes, des contes et des nouvelles. Après une maîtrise de lettres modernes obtenue en 2000, elle poursuit ses études en France, à l’Université de Lille 3, où elle obtient en 2008 un doctorat de lettres modernes consacré à l’œuvre de Calixthe Beyala. Elle possède également un master en gestion des ressources humaines. Elle publie son premier roman, Percées et Chimères, en 2011, suivi de N’être en 2014 et de La Danse de Pilar en 2018. En 2023 paraît Les Femmes de Bidibidi, inspiré notamment de rencontres avec des femmes réfugiées en Ouganda. Son œuvre s’intéresse particulièrement à la condition des femmes, aux relations familiales, aux violences, à l’exclusion, à l’identité et aux blessures liées à l’histoire et aux conflits. Elle est aujourd’hui considérée comme l’une des voix importantes de la littérature gabonaise contemporaine.
Awa Thiam
Awa Thiam, née en avril 1950 au Sénégal, est une anthropologue, écrivaine, féministe et femme politique sénégalaise. Elle est l’une des figures pionnières du féminisme africain francophone. Elle poursuit des études universitaires en France et soutient en 1995 une thèse de doctorat en ethnologie et anthropologie du politique à l’Université Paris-VIII. Elle devient ensuite professeure associée et chercheuse en anthropologie à l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN) de l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar. En 1976, elle cofonde la Coordination des femmes noires en France. Elle s’engage particulièrement dans la défense des droits des femmes africaines et dans la lutte contre les mutilations génitales féminines. Elle participe notamment à la création de la Commission pour l’abolition des mutilations sexuelles. Son ouvrage majeur, La Parole aux négresses, publié en 1978, est considéré comme un texte fondateur du féminisme noir francophone. À travers des témoignages de femmes africaines, Awa Thiam y aborde notamment les mutilations génitales, la polygamie, le mariage forcé, l’analphabétisme et les différentes formes d’oppression auxquelles sont confrontées les femmes noires. Awa Thiam demeure ainsi une figure importante de la pensée féministe africaine, notamment pour avoir donné une place centrale à la parole et à l’expérience des femmes africaines dans les débats sur l’émancipation.
Michel Bussi
Michel Bussi, né le 29 avril 1965 à Louviers, en Normandie, est un écrivain français, également géographe et politologue. Spécialiste de géographie électorale, il a longtemps été professeur à l’Université de Rouen et a dirigé un laboratoire de recherche du CNRS jusqu’en 2016. Passionné de littérature policière depuis son enfance, il commence à écrire dans les années 1990. Son premier roman, Code Lupin, paraît en 2006. Il connaît ensuite un succès croissant avec Mourir sur Seine, puis surtout avec Nymphéas noirs (2011), qui devient l’un des polars français les plus récompensés de l’année. En 2012, Un avion sans elle confirme sa notoriété et reçoit notamment le prix Maison de la Presse. Parmi ses autres romans les plus connus figurent Ne lâche pas ma main, N’oublier jamais, Maman a tort, Le Temps est assassin, On la trouvait plutôt jolie, Au soleil redouté et Rien ne t’efface. Son œuvre se caractérise par des intrigues à suspense, des retournements de situation et des décors très travaillés, souvent situés en Normandie ou dans des territoires insulaires. Ses romans sont traduits dans de nombreuses langues et plusieurs ont été adaptés à la télévision et en bande dessinée.
Alain Mabanckou
Alain Mabanckou, né le 24 février 1966 à Pointe-Noire, en République du Congo, est un écrivain, poète, essayiste et professeur de littérature. Il grandit à Pointe-Noire, où il obtient un baccalauréat en lettres et philosophie avant d’entreprendre des études de droit à Brazzaville, puis en France, notamment à l’Université Paris-Dauphine. Après avoir travaillé plusieurs années dans le groupe Suez-Lyonnaise des Eaux, il se consacre progressivement à l’écriture. Son premier roman, Bleu-Blanc-Rouge, paraît en 1998 et reçoit le Grand Prix littéraire d’Afrique noire. Il s’impose ensuite avec Verre cassé (2005), puis Mémoires de porc-épic (2006), qui lui vaut le prix Renaudot. Installé aux États-Unis, il enseigne la littérature francophone à l’UCLA (Université de Californie à Los Angeles). En 2015-2016, il devient professeur invité au Collège de France, à la chaire de Création artistique. Son œuvre, traduite dans de nombreuses langues, explore notamment l’exil, l’identité, la mémoire, l’Afrique, la migration et les relations entre l’Afrique et le monde occidental. Parmi ses autres œuvres importantes figurent Black Bazar, Demain j’aurai vingt ans, Lumières de Pointe-Noire, Petit Piment et Les Cigognes sont immortelles.
Blaise Ndala
Blaise Ndala, né en 1972 à Lusanga, en République démocratique du Congo, est un écrivain congolais d’expression française, installé au Canada depuis 2007. Il quitte la RDC en 2003 pour poursuivre des études de droit en Belgique, où il se spécialise en droit international des droits de l’homme. Après son installation au Canada, il travaille notamment dans la fonction publique fédérale et pour Avocats sans frontières Canada, notamment en Haïti. Il se consacre parallèlement à l’écriture. Son premier roman, J’irai danser sur la tombe de Senghor, paraît en 2014 et reçoit le Prix du livre d’Ottawa en 2015. Il publie ensuite Sans capote ni kalachnikov (2017), qui remporte en 2019 le Combat national des livres de Radio-Canada. En 2021, il publie Dans le ventre du Congo, roman consacré notamment à la mémoire coloniale et à l’histoire des Congolais exhibés lors de l’Exposition universelle de Bruxelles de 1958. L’ouvrage reçoit le prix Ahmadou-Kourouma, le prix Ivoire et le prix international de littérature Cheikh Hamidou Kane. Son roman L’Équation avant la nuit, publié en 2025, revient sur l’histoire de l’uranium congolais et son rôle dans la course à la bombe atomique pendant la Seconde Guerre mondiale. Blaise Ndala est aujourd’hui considéré comme une voix importante de la littérature congolaise et franco-canadienne contemporaine, son œuvre faisant dialoguer histoire, mémoire, colonialisme et identité.
Matthieu Niango
Matthieu Niango, né en 1981 à Nancy, est un écrivain, essayiste, philosophe et réalisateur français. Normalien et agrégé de philosophie, il a d’abord enseigné la philosophie avant de devenir conseiller politique auprès de différents cabinets ministériels et de personnalités publiques. Il est également cofondateur du mouvement citoyen « À Nous la démocratie ! », qui réfléchit notamment au fonctionnement et au renouvellement de la démocratie. Ses travaux portent largement sur les questions politiques et démocratiques. Il publie notamment Citations de Sade expliquées (2014), La Démocratie sans maîtres (2017) et Les Gilets jaunes dans l’histoire (2020). Son premier roman, La Dignité des ombres, paraît en 2021. En 2025, il publie Le Fardeau, un roman largement inspiré de son histoire familiale. À l’âge de 23 ans, sa mère lui révèle qu’elle a été adoptée. Niango entreprend alors une enquête sur ses origines, qui le conduit notamment vers la Hongrie, la Belgique et les Lebensborn nazis. Le livre interroge ainsi la mémoire familiale, l’identité et le poids de l'Histoire. Matthieu Niango est également réalisateur de documentaires, notamment La Passion de Jacob Zuma et Joyeux Noël, Hugo Chávez !.
Sephora Pondi
Séphora Pondi, née en 1992 à Gennevilliers, est une comédienne, scénariste et écrivaine française d’origine camerounaise. Elle grandit en banlieue parisienne dans une famille dont les parents, originaires du Cameroun, sont enseignants en gestion et comptabilité. Elle découvre le théâtre dès l’enfance et se passionne rapidement pour la scène. Après des études de lettres qu’elle abandonne pour se consacrer au théâtre, elle intègre en 2012 l’École départementale de théâtre (EDT91), puis l’École régionale d’acteurs de Cannes et Marseille (ERACM), dont elle sort diplômée en 2017. Elle participe également au programme Premier Acte du Théâtre national de la Colline, dirigé par Stanislas Nordey. Elle se fait remarquer au théâtre, notamment dans Désobéir de Julie Berès. En 2021, elle devient pensionnaire de la Comédie-Française, où elle interprète notamment Kent dans Le Roi Lear, puis le rôle-titre de Médée. En parallèle de son activité de comédienne, Séphora Pondi écrit pour le cinéma et la littérature. Son premier roman, Avale, paraît chez Grasset en 2025. Le livre explore notamment le corps, l’identité, la faim, la solitude et les rapports de domination. Il reçoit le prix du Premier roman Les Inrockuptibles ainsi que le prix Roman des étudiants France Culture 2025. Séphora Pondi s’affirme ainsi comme une nouvelle voix de la littérature et du théâtre français contemporains, à la croisée de la scène, du cinéma et de l’écriture.
Anne-Sophie Stefanini
Anne-Sophie Stefanini, née en 1982, est une écrivaine et éditrice française. Elle vit à Paris et travaille comme éditrice aux Éditions Jean-Claude Lattès. Passionnée depuis son enfance par l’Afrique, elle s’est notamment intéressée à son histoire, à ses littératures et à ses cultures. Après des études d’histoire à la Sorbonne, consacrées notamment à la revue et à la maison d’édition Présence Africaine, elle devient éditrice chez Jean-Claude Lattès en 2005. Elle accompagne notamment des écrivains africains et francophones. Elle publie son premier roman, Vers la mer, en 2011. Elle poursuit avec Nos années rouges (2017), consacré aux « pieds-rouges », ces militants français partis en Algérie après l’indépendance, puis Cette inconnue (2020), qui explore la mémoire et l’histoire du Cameroun. Ce dernier roman reçoit le prix Jean Freustié 2020. En 2024, elle publie Une femme a disparu, son quatrième roman, qui se déroule notamment à Yaoundé et revient sur la disparition d’une professeure camerounaise. Ses romans sont marqués par les thèmes de la mémoire, de la disparition, du voyage, de l’histoire et de la transmission, avec des intrigues qui font souvent dialoguer la France, l’Afrique et notamment le Cameroun. Elle est également à l’origine, en 2020, du prix Voix d’Afriques, créé avec RFI et la Cité internationale des arts, destiné à faire émerger de nouvelles voix littéraires africaines.
Bassek Ba Kobhio
Bassek Ba Kobhio, de son nom complet Émile Bassek Ba Kobhio, né le 1er janvier 1957 à Nindjé, au Cameroun, était un écrivain, réalisateur et producteur camerounais. Après des études de sociologie et de philosophie, il s’est d’abord fait connaître comme écrivain avant de se consacrer au cinéma. Il est notamment l’auteur de Les Eaux qui débordent (1984), Cameroun, la fin du maquis ? (1986) et Sango Malo : le maître du canton (1991), ce dernier ayant ensuite été adapté au cinéma par l’auteur lui-même. Cinéaste majeur du Cameroun, il réalise notamment Sango Malo, Le Grand Blanc de Lambaréné et Le Silence de la forêt. Il fonde également la société Les Films Terre Africaine et crée le festival Écrans Noirs, devenu l’un des grands rendez-vous du cinéma africain en Afrique centrale. Bassek Ba Kobhio est décédé à Yaoundé le 12 mai 2026, à l’âge de 69 ans. Il laisse une œuvre importante consacrée à la société camerounaise, à l’histoire africaine et à la promotion du cinéma du continent.
Touhfat Mouhtare
Touhfat Mouhtare, née en 1986 à Moroni, aux Comores, est une écrivaine comorienne. Elle a grandi entre les Comores et plusieurs pays d’Afrique subsaharienne avant de venir en France pour poursuivre ses études. Elle vit aujourd’hui dans le Val-d’Oise. Elle écrit principalement en français et s’intéresse particulièrement à la féminité, à la transmission, aux héritages émotionnels, à la mémoire et aux traditions. Son écriture mêle réalisme, imaginaire, histoire et mythologies. Elle anime également des ateliers d’écriture et travaille auprès des enfants autour de la littérature et de la création artistique. Elle publie en 2011 son premier ouvrage, le recueil de nouvelles Âmes suspendues, puis son premier roman, Vert cru, en 2018, qui reçoit une mention spéciale du Prix du Livre insulaire d’Ouessant. En 2022, elle publie Le Feu du Milieu, un roman qui raconte notamment les destins croisés de deux jeunes femmes aux Comores et explore la liberté, la condition féminine, la spiritualité et la transmission. Le roman reçoit le prix Alain Spiess du deuxième roman. En 2025, elle publie Choses qui arrivent aux éditions Bayard, ouvrage qui reçoit le Prix littéraire de la Renaissance française. Touhfat Mouhtare est aujourd’hui considérée comme une voix importante de la littérature comorienne contemporaine, faisant dialoguer dans son œuvre les héritages africains, la mémoire, l'identité et la condition des femmes.
Thierry Fozing
Thierry Fozing, né en 1979 à Yaoundé au Cameroun, est écrivain et médecin. Il vit et exerce actuellement au Luxembourg. Après avoir effectué ses études primaires et secondaires au Cameroun, il poursuit une sa formation en Allemagne, avant de s’établir au Luxembourg. En 2026, il publie La Vie n’est rien, son premier roman en autoédition. Profondément ancré dans les réalités camerounaises, le récit prend la route comme fil conducteur et fait voyager le lecteur des hauts plateaux de l’Ouest jusqu’à Yaoundé et Douala. À travers les destins de Gaston et Jacob, Thierry Fozing évoque les bouleversements économiques et sociaux des années 1990, tout en abordant la corruption, les escroqueries, les drames familiaux et la mémoire collective. Les accidents de la route, au cœur du roman, deviennent la métaphore d’une société confrontée à ses propres blessures. Mêlant critique sociale, mémoire, histoire et fantastique, La Vie n’est rien révèle une voix littéraire originale et prometteuse.
Christian Eboulé
Christian Eboulé est un journaliste, éditorialiste et écrivain camerounais, spécialiste des questions africaines. Journaliste à TV5MONDE depuis 2003, il a travaillé sur plusieurs émissions consacrées à l’actualité, à la culture et aux sociétés africaines. Il intervient également comme modérateur et animateur de nombreuses rencontres consacrées à l’Afrique. Passionné par l’histoire et les mémoires africaines, il s’intéresse particulièrement aux questions d’identité, de transmission, de colonisation et de mémoire collective. Cette préoccupation est au cœur de son premier roman, Le Testament de Charles, publié en 2024 aux éditions Les Lettres Mouchetées. Inspiré de la vie du capitaine gabonais Charles N’Tchoréré, officier africain exécuté par les nazis en 1940, le roman constitue un véritable travail de mémoire sur le sacrifice des soldats africains durant les deux guerres mondiales. Il a reçu le Prix Afrique du roman historique au Salon du Livre Africain de Paris.
Sami Tchak
Sami Tchak, de son vrai nom Sadamba Tcha-Koura, est un écrivain et essayiste togolais né en 1960 à Bowounda, au Togo. Après une licence de philosophie obtenue à l’Université de Lomé, il enseigne pendant quelques années avant de s’installer en France en 1986. Il y poursuit des études de sociologie et obtient en 1993 un doctorat à la Sorbonne. Sociologue de formation, il mène notamment des recherches sur la prostitution à Cuba, expérience qui nourrit plusieurs de ses œuvres et son intérêt pour l’Amérique latine. Il est l’auteur de nombreux romans et essais, parmi lesquels Place des fêtes, Hermina, La Fête des masques, Le Paradis des chiots, Filles de Mexico et Le Continent du Tout et du presque Rien. Son œuvre, souvent audacieuse et empreinte d’ironie, explore les questions d’identité, de sexualité, d’exil, de mémoire et de rapports entre l’Afrique et le monde. Il a reçu plusieurs distinctions, dont le Grand Prix littéraire d’Afrique noire en 2004 et le prix Ahmadou-Kourouma en 2007.
Hemley Boum
Née en 1973 à Douala, au Cameroun, Hemley Boum est une romancière camerounaise d’expression française. Après des études en sciences sociales et en commerce international, elle publie son premier roman, Le Clan des femmes, en 2010. Elle s’impose ensuite avec Si d’aimer…, Les Maquisards, Les Jours viennent et passent — récompensé par le prix Ahmadou-Kourouma — puis Le Rêve du pêcheur, distingué notamment par le Prix littéraire des Sciences Po et le Prix des Cinq Continents de la Francophonie. Son œuvre explore la mémoire, l’histoire du Cameroun, la transmission, l’exil et les fractures de la société. Son dernier roman, Nos vies sauvages, publié le 20 août 2026 aux Éditions Gallimard, poursuit cette exploration en interrogeant les rapports entre pouvoir, société et destin individuel.
Karine Silla
Karine Silla est une écrivaine, scénariste, réalisatrice et actrice franco-sénégalaise. Elle est notamment l’auteure de Aline et les hommes de guerre, publié en 2020 aux Éditions de l’Observatoire, un roman consacré à la figure historique d’Aline Sitoé Diatta, héroïne de la résistance anticoloniale en Casamance. Son œuvre s’intéresse notamment aux questions de mémoire, d’identité, de transmission, de condition féminine et d’histoire africaine. Son parcours dans le cinéma et le théâtre nourrit une écriture très visuelle et portée par une forte dimension dramaturgique. Elle a également publié Vingt ans, présenté notamment dans l’émission L’Heure des livres.
Kiyémis
Kiyémis est poétesse et essayiste. Ayant à coeur de transmettre un message d’émancipation des normes de beauté et d’épanouissement des femmes, elle participe à des conférences en France et à l’étranger, et anime des ateliers d’écriture. En 2018 elle publie son premier recueil de poésie, À nos humanités révoltées (éditions Métagraphes), suivi en 2022 de son essai Je suis ton pire cauchemar (Albin Michel). Depuis mars 2023, elle présente l’émission « Rends la joie » sur Mediapart. Et, refleurir est son premier roman. (Editions Philippe Rey)
Amadou Djaïli Amal
Djaïli Amadou Amal est une écrivaine camerounaise née en 1975 à Maroua, dans l’Extrême-Nord du Cameroun. D’expression française, elle s’est imposée comme l’une des voix majeures de la littérature africaine contemporaine. Son œuvre s’intéresse particulièrement à la condition des femmes, aux mariages forcés, aux traditions, aux violences faites aux femmes et aux rapports entre les différentes cultures. Son premier roman, Walaandé, l’art de partager un mari (2010), lui apporte une première reconnaissance. Elle publie ensuite Mistiriijo, la mangeuse d’âmes (2013), puis Munyal, les larmes de la patience (2017), qui sera repris et profondément retravaillé sous le titre Les Impatientes. Publié en 2020, Les Impatientes connaît un immense succès et reçoit notamment le prix Goncourt des lycéens 2020. Le roman donne voix à trois femmes confrontées au mariage forcé, à la polygamie et aux violences conjugales. Elle poursuit son exploration des réalités sociales du Sahel avec Cœur du Sahel (2022), puis Le Harem du roi (2024). Son dernier ouvrage : Espoir Paru le 20 mars 2026 aux éditions Emmanuelle Collas, Espoir est son dernier ouvrage et constitue un tournant dans son œuvre. À travers le personnage d'Amal, l'autrice revient sur son enfance dans le nord du Cameroun, de ses trois ans jusqu'à sa première demande en mariage. Elle explore son identité entre héritage peul et culture égyptienne, son rapport à ses parents, les traditions familiales, les tensions entre communautés et la construction progressive de sa personnalité. Espoir est ainsi présenté comme un récit autobiographique profondément personnel, dans lequel l'écrivaine revient aux origines de la femme et de la militante qu'elle est devenue. L'enfance y occupe une place centrale, avec un mélange de tendresse, de douleur, de lucidité et parfois d'humour.
Véronique Tadjo
Née à Paris d´un père ivoirien et d´une mère française, Véronique Tadjo a grandi en Côte d´Ivoire. Elle est poète, romancière, universitaire, peintre et auteur de livres pour la jeunesse qu´elle illustre elle-même. Elle a fait l´essentiel de ses études à Abidjan, puis s´est spécialisée dans le domaine anglo-américain à la Sorbonne Paris IV. Sa thèse de doctorat en Civilisation Africaine Américaine porte sur le processus d´acculturation des Noirs à travers l´esclavage. Après avoir enseigné l´anglais au Lycée Moderne de Korhogo dans le Nord de la Côte d´Ivoire, elle a occupé le poste d´assistante au département d´anglais de l´Université Nationale de Côte d´Ivoire. Parmi ses œuvres les plus remarquées figurent L'Ombre d'Imana (2000), consacré au génocide des Tutsi au Rwanda, Reine Pokou, concerto pour un sacrifice (2004), Loin de mon père (2010), En compagnie des hommes (2017) et Je remercie la nuit (2024). Son parcours a été récompensé par plusieurs distinctions, notamment le Grand Prix littéraire d'Afrique noire en 2005 et le Grand Prix national Bernard Dadié en 2016. Je remercie la nuit a reçu trois prix littéraires en 2025 : le Prix Ivoire, le Prix Cheikh Hamidou Kane et le Prix Ahmadou Kourouma. Il y'a une dizaine d´années, Véronique Tadjo s´est lancée dans la littérature pour la jeunesse afin d´apporter sa contribution à l´émergence d´une production africaine. Elle a animé plusieurs ateliers d´écriture et d´illustration, notamment au Mali, au Bénin, au Tchad, en Haïti, à l´île Maurice et au Rwanda. Elle a vécu dans plusieurs pays d’Afrique et d’Europe. Après quatorze ans à Johannesburg où elle a dirigé le Département de Français et d’Études francophones de l‘université du Witwatersrand à Johannesburg (2007-2015), elle est maintenant basée entre Londres et Abidjan. (https://veroniquetadjo.com/)